SOYEZ PRÊTS
Tous les signes sont là, si vous ne le voyez pas et si vous ne le vivez pas, c’est que vous n’avez pas à le vivre. Mais ça ne changera rien à ce qui va se produire sur terre. C’est irrémédiable, irrévocable et c’est maintenant. O.M.A.

20 avril 2017

BIDI – Q/R – PARTIE 1 – AVRIL 2017


Eh bien Bidi est avec vous et nous allons tout d’abord, si vous le voulez bien, nous installer dans le silence, quelques minutes.

… Silence…

Je suis encore avec vous aujourd’hui, dans votre densité, afin d’échanger. Je précise comme d’habitude que je m’adresse toujours à la Vérité qui est derrière la personne. Nous allons maintenant commencer à échanger. J’écoute la première question.

Question : j’ai pris conscience d’être dans le contrôle de moi-même et des personnes de mon entourage. J’aimerais abandonner ces vieux schémas de fonctionnement. Que me conseillez-vous ?

Oublie-toi toi-même. Comme je le dis souvent, ça concerne la personne. La meilleure des solutions n’est pas et ne sera jamais d’améliorer quoi que ce soit au sein de la personne parce que cela concernera toujours la personne, et donc l’éphémère. Place-toi au Coeur du Coeur et ne t’occupe de rien d’autre. Vaque à tes occupations, occupe-toi de ton corps, nourris-le, mais ne nourris rien d’autre. Place-toi en l’observateur, disparais de ces schémas, comme tu le dis, tu n’as aucun moyen par toi-même d’y arriver. Là où tu portes ta conscience, c’est-à-dire sur une résistance, tu crées toi-même une conscience de résistance, et plus tu as conscience du problème, et comme tu le dis, plus tu constates qu’il est là, et plus tu le regardes, plus il est présent. Ne t’occupe pas de ça. Regarde en toi, là où il n’y a plus personne, et alors il n’y aura aucune raison de tenter de contrôler quoi que ce soit. Tu cherches encore à vivre ta vie avec ses plaisirs et ses déplaisirs, mais tu ne laisses pas la place pour la spontanéité.


Se placer dans la spontanéité ne laisse apparaître aucune résistance, cela a été dit. Je te le répète de la façon dont ça a été dit par d’autres intervenants, il faut comprendre, saisir et vivre le fait suivant : tant que tu crois vivre ta vie, tu n’es pas disponible pour la Vie. Exercer un contrôle est indispensable au sein de la matière, pour faire fonctionner la matière, là oui, mais tout ce qui concerne les comportements, ta sphère psychique, n’a aucun intérêt à être contrôlé. Détourne ta conscience de ce dont tu as conscience, et aie plutôt conscience de ce qui n’est pas ta personne, c’est la seule solution envisageable et surtout, qui demeurera pérenne. Tout le reste ne sont que des pansements parce qu’il s’agit, comme tu le dis, d’automatismes que rien, dans ton conscient ordinaire comme ailleurs, ne peut contrôler.

Tout effort qui est fait pour venir à bout de cela ne fera que le renforcer. Il te faut observer la chose, là aussi, comme quelque chose qui n’appartient pas à ce que tu es et qui est quelque chose qui ne fait que passer. Le surcontrôle, comme tu le dis, est une difficulté inhérente à se placer au sein de l’instant présent qui ne dépend d’aucun passé ni d’aucune référence au passé. Acceptant, puisque tu le dis toi-même, ce principe de surcontrôle, réalise que ce n’est pas ta personne qui peut s’en débarrasser mais bien justement la disparition de la personne, et donc de l’histoire. Fais cela par étapes, quels que soient les moyens que tu utilises, mais dès l’instant où tu te seras détournée de ton propre personnage, ce personnage n’aura plus aucune raison d’attirer ta conscience dans ce guet-apens.

Ayant vu les choses, il n’est pas nécessaire ni même souhaitable d’aller explorer ton passé. Quand cela survient, dis-toi qu’à ce moment-là tu n’es plus dans l’instant présent, parce que ton présent est conditionné par l’expérience passée. Si tu acceptes cela, tu comprendras que tu n’as aucune raison de te saisir de ce qui ne fait que passer, même si cela passe très souvent. Tu t’en saisis à chaque fois, en espérant pouvoir contrôler ton propre contrôle. Rends-toi compte de la stupidité d’une telle conduite. Vouloir mettre fin au contrôle, c’est déjà vouloir contrôler quelque chose pour faire disparaître, soi-disant, le contrôle. Cela ne peut, comme tu le vis, que tourner en boucle et ne proposer donc aucun espace de résolution ou de solutionnement. Accepte ce principe et vérifie par toi-même, en laissant passer cela, ce qu’il se produit alors. Je dirais donc autrement : laisse tomber le besoin de contrôler le contrôle. Qui veut contrôler quoi ? Qui contrôle qui ? Est-ce ta personne qui contrôle ce que tu es, ou ce que tu es qui chapote, sans contrôler, ce qui est vu ?

C’est donc une erreur, fondamentalement, de positionnement. Croire que par toi-même tu vas pouvoir, au sein de la personne, certes cela est possible mais croire que tu vas pouvoir, avec la spiritualité, avec l’énergie, te débarrasser de ça, est impossible, surtout quand c’est vu. Ce n’est pas parce que c’est vu, dans ce cas-là, que cela va disparaître, parce que tu oublies qu’une fois que c’est vu, cela doit être traversé. Cela ne veut pas dire arrêter ce qui est vu mais le laisser apparaître, ne rien entreprendre, et le laisser disparaître. C’est ce schéma, comme tu dis, qui entraîne ta conscience, d’abord dans l’attention, et qui te suggère de trouver une solution au sein de la personne alors que c’est la personne elle-même qui l’a créé, même si c’est inconscient au départ. Vois-tu l’ineptie de cela ? Ne travaille pas sur le contrôle mais travaille sur l’abandon. Tout contrôle, quel qu’il soit, est un manque d’abandon à l’Intelligence de la Vie et à l’Intelligence de la Lumière. Tout ce qui te soucie dans ce cas-là concerne la personne, mais pas toi.

La meilleure des solutions, le meilleur des conseils, dans ce cas-là, c’est justement de ne pas porter ton attention là-dessus. Tourne-toi vers toi, laisse passer ce qui émerge, même si ça passe souvent, ne t’y accroche pas, ne t’y arrête pas et ne t’en saisis pas. C’est ainsi que tu verras cette problématique s’éloigner, il y aura comme un décrochage te permettant de voir de plus en plus lucidement, mais pas en t’en emparant comme tu saisirais un objet pour l’analyser, mais de regarder cet objet qui ne concerne que ce qui ne fait que passer et qui, si tu ne t’y intéresses pas, va disparaître parce qu’il est vu, mais il faut le traverser. Traverser ne veut pas dire s’y intéresser, ça veut dire voir et laisser être la Vie. Fais cela.

Autre question.

Question : depuis quelques années, j’ai lâché certaines choses, mais je ne sais ni quand ni comment. Que faire pour être conscient de savoir comment lâcher ?

Répète la question parce qu’il y a une contradiction là-dedans.

Question : depuis quelques années, j’ai lâché certaines choses, mais je ne sais ni quand ni comment…

Quelle importance, c’est passé. Ensuite.

Question : que faire pour être conscient de savoir comment lâcher ?

Mais il n’y a pas à être conscient de savoir comment lâcher parce que ça concerne la personne. Ce que tu me demandes est issu de la personne. Là aussi, arrête de vouloir avec la personne, arrête de vouloir savoir. Tout ce dont tu te saisis te saisit, tout ce à quoi tu tiens te tient. Là où tu portes ton attention, ta conscience éphémère suit. Le vouloir ne peut rien dans cette histoire, parce que ça maintient la personne. Tant que vous voulez vous opposer à une quelconque manifestation de la personne, qu’elle soit heureuse ou malheureuse, vous êtes piégés, vous vous identifiez à la personne qui croit pouvoir agir mais vous n’agirez que sur la personne, pas sur ce que vous êtes.

Le temps vous montre, en ce moment, que vous ne pouvez rien contrôler, vous ne pouvez rien décider, c’est ce que la personne veut vous faire croire. La fin du Kali Yuga est inscrite, comme la certitude de votre mort à la fin de votre vie. Ne vous occupez pas de l’éphémère, gérez votre vie éphémère en ce qui concerne l’éphémère, mais dès que ça touche la conscience, il faut changer de posture, il faut changer de raisonnement, il faut changer d’attitude, et c’est très facile. Arrêtez de vouloir saisir les choses qui passent, vous n’êtes pas ce qui passe, vous ne le serez jamais. C’est une identification illusoire à l’Illusion, il n’y a aucune vérité là-dedans.

Ce genre de question montre simplement que la personne veut se saisir d’elle-même et qu’elle n’a pas vu qu’il n’y a rien lié à l’Esprit là-dedans, que c’est toujours le jeu de la personnalité qui cherche à s’améliorer, à se bonifier, à pas souffrir, mais la fin définitive de la souffrance, elle n’est jamais dans la personne, elle est justement quand il n’y a plus personne. Est-ce que vous saisirez une fois pour toutes cela : vous… n’êtes… pas… ce… corps.

Je vous l’ai dit la dernière fois, vous n’êtes pas ce qui passe, vous êtes ce qui est éternel. Arrêtez de vous identifier. Il faut poser cela comme postulat, comme certitude, même en croyance si vous voulez, c’est la seule façon de mettre fin aux croyances, de croire que vous allez pouvoir réguler quoi que soit. Votre corps n’a pas besoin de vous, il a besoin que vous lui donniez la bonne nourriture et c’est tout. Votre personne non plus, vous n’avez pas à vous en occuper, vous avez simplement à vérifier, depuis la position de témoin, que tout se déroule pour lui normalement, mais vous ne pouvez pas changer un équilibre tel que celui-là. Dès que vous interférez, votre conscience éphémère est accrochée, elle est entraînée dans les divagations de la personne, dans la causalité, dans la dualité, dans l’action-réaction. Tant que vous adhérez à ça, vous ne pouvez pas être libres.

Comprenez cela, et vivez-le surtout. Il est toujours séduisant, pour la personne, de comprendre, mais aucune compréhension, excepté pour un chirurgien qui a besoin de connaître les repères, mais en ce qui concerne le jeu de la conscience elle-même, où vous situez-vous ? Restez tranquilles. Quand cela se produit en vous, le besoin de contrôler, le besoin de diriger quoi que ce soit, en ce qui concerne l’Esprit ou la personne, abandonnez toute velléité d’action. Posez-vous, regardez, laissez traverser, ce sont des mots simples. Le mental ne peut pas intervenir quand vous vous conduisez comme cela. Je vois, je ne comprends pas ou je comprends (ça ne change rien), et je laisse ce qui est apparu et qui a été vu s’éloigner de lui-même, mais dès que je mets la conscience éphémère là-dedans, c’est fini, ça ne peut pas partir.

Ce dont je parle en tant que point de vue ou d’emplacement de la conscience n’a rien à voir avec « donner son point de vue », c’est « changer de perspective ». Acceptez déjà que vous n’êtes pas ce corps, comme je l’ai dit la dernière fois, et vous verrez. L’ego est très malin, il vous faire croire que vous pouvez tout améliorer, tout solutionner, quelle que soit la technique, et du coup vous oubliez ce que vous êtes, et vous râlez parce que vous n’êtes pas en paix. Mais il n’y a aucun moyen de trouver la paix, ainsi. C’est une paix de pacotille, une satisfaction de l’ego, mais ça ne dure jamais. Si vous voulez être en paix en permanence, regardez ce que vous êtes et non pas les anomalies de la personne ou de la conscience ordinaire. Endormez-vous. Vous n’avez pas besoin de vous saisir de ce qui est vu – surtout quand c’est vu –, c’est à traverser.

Bien sûr, si c’est inscrit dans la structure, vous pouvez utiliser ce que vous voulez, des cailloux, des prières, des adorations, des dévotions, mais c’est encore des jeux de la personne. La seule Paix éternelle se trouve en vous et elle ne dépend pas de vous, elle est ce que vous êtes. C’est le personnage qui vous entraîne dans des moments où il n’y a plus de paix, dans des moments où vous avez besoin de comprendre. Comprendre, c’est se saisir. Comment voulez-vous lâcher quoi que ce soit si vous avez la prétention, même subtile, de vouloir vous saisir de quelque chose ? Vous renforcez l’identification à la personne et à l’histoire. C’est pourtant simple.

D’ailleurs, tout ce que vous dites vous appartenir, est-ce que c’est vous ? Le fait de dire : ça m’appartient, mon corps, ma voiture, ma maison, ma femme, prouve que ce n’est pas vous, c’est tout simple. Y a pas besoin d’aller chercher des mots en hindou ou dans des langues exotiques, le simple langage courant dans la langue où vous êtes suffit à montrer cela. Quelle est l’anomalie qui fait que quand vous dites : « mon corps », « ma femme », « mon chien », « ma voiture », vous vous identifiiez à cela. Y a pas de différence entre « mon chien » et « mon corps ». Vous n’êtes ni votre corps ni votre chien. Le simple fait de dire « mon » prouve que vous mettez une distance avec la Vérité.

Continuons.

Question : depuis le début de cette vie, je ne sais à quoi j’aspire et je saisis toutes les béquilles. D’un autre côté, je sais que tout ce qui doit arriver arrivera, quoi qu’on fasse ou ne fasse pas. Je suis tiraillée entre les deux. Que faire ?

Est-ce que la personne qui a posé cette question comprend elle-même ce que ça veut dire ? Elle me demande comment faire quelque chose qu’elle sait pertinemment qu’il n’est pas possible de faire. C’est-à-dire que d’un côté il y a une proposition : j’ai compris que je ne suis pas ça, mais quand même, comment je peux faire pour être ça. Vous voyez un peu ? C’est pas spirituel, c’est du bon sens. Dès que vous avez vu, pas votre stupidité, mais la stupidité de ce qui est posé, vous êtes libre. Il faut arriver à ce choc de voir l’ineptie, vous reconnaissez que vous ne pouvez rien changer et pourtant vous me demander comment faire pour changer. Mais de quel changement est-il question ? Y a pas besoin de changer, vous avez besoin d’être là. Vous n’avez pas besoin de bouger quoi que ce soit, de déplacer quoi que ce soit, de comprendre quoi que ce soit.

La solution, elle est là, tout de suite, dans l’instant. C’est la personne qui fait écran, c’est l’histoire qui vous empêche d’être ce que vous êtes. Il n’y a rien à faire si ce n’est dans la vie ordinaire ; sur ce que vous êtes, il y a juste à être. Y a pas de « je », y a pas de mots, y a pas de tien, y a personne, y a l’Éternité, la Joie éternelle. La personne fait obstacle à la Joie, fait obstacle à la Paix, c’est elle qui vous torture, mais vous n’êtes pas cette personne. Cessez de vous identifier à ce corps, à cette personne, à cette histoire, à cette vie. Vous êtes la Vie.

Tout ce qui appartient au monde des formes, où qu’elles soient, n’est pas vrai, c’est quelque chose qui passe, c’est des jeux. Posez-vous, là où vous êtes, quoi qu’il arrive sur l’écran de votre conscience, que ce soit des problématiques, ne vous posez pas la question de quoi faire mais comment être. Dépassez la causalité, dépassez l’action-réaction de ce monde. Vous n’êtes pas de ce monde. Il y a combien de saints qui vous l’ont dit ? Quel est le maître ? Votre histoire, votre personne, votre karma ou la Liberté que vous êtes ?

Vous n’avez pas à chercher la Liberté quelque part en faisant quoi que ce soit. C’est déjà là. Mais comment voulez-vous le voir, le vivre, l’apprécier, si vous êtes en train de cogiter sur vos bobos, sur vos douleurs, sur votre conscience, sur la Libération ou sur quoi que ce soit ? C’est une ineptie. Découvrir ce que vous êtes, ce n’est pas se saisir de quoi que ce soit, ni d’idées, ni de concepts, ni d’appartenance à quoi que ce soit. Vous n’êtes ni un homme, ni une femme, ni un hindou, ni un oriental, ni un occidental, parce que dès que vous vous définissez à travers une forme, une culture ou autre, vous êtes quelqu’un de très violent, c’est-à-dire que vous excluez tout le reste et vous vous enfermez dans votre personne.

Dès que vous déposez une appellation sur vous, vous pouvez le faire, bien sûr, si vous êtes médecin, vous êtes médecin, si vous êtes architecte, vous êtes architecte, et faites ce que vous avez à faire, mais ça ne concerne pas l’Éternité. Si la question se pose par rapport à l’Éternité, au Parabrahman, alors élaguez tout le reste, oubliez tout le reste, ça n’a aucune espèce d’importance. Bien sûr, vous êtes obligés de jouer le jeu, vous êtes arrivés un jour et vous repartez un autre jour et entre temps, l’agencement des éléments, des aliments, vous donnent à voir et à vous manifester selon certaines conditions, mais tout ça ne vous concerne pas. Faites-le parce que vous êtes là et c’est tout. Y a aucune solution dans tout ça. Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas le faire, mais vous ne pouvez jamais être dans ce faire-là.

Retenez bien que la personne essaie toujours de se raccrocher, comme ça a été dit, à des béquilles, à des histoires, à des certitudes, à des projections, à des idées, à des concepts, à des émotions. Tout ça est mobile, comme la naissance se termine par la mort, y a rien d’éternel là-dedans. En d’autres espaces-temps, ou au-delà de tout espace et de tout temps, cela n’a aucune importance. Mais vous, rappelez-vous, nous sommes ici, nous sommes arrivés, nous avons perdu la mémoire de qui nous sommes avant de naître. Personne ne se rappelle, et ce « rappelle » n’est pas dans le passé, c’est une interrogation que je qualifie de métaphysique et qui est la seule question valable : « Qui suis-je ? ».

Je ne suis rien de ce qui passe, ni mon corps, ni ma forme, ni mes idées, ni ma vie, ni mon karma, ni la fin du monde, ni la fin de quoi que soit. Vous n’avez ni début, ni fin. Voyez cela, vivez-le dans votre corps, même. C’est votre corps mais ce n’est pas vous. La voiture, vous lui mettez de l’essence, vous l’entretenez, faites la même chose avec votre corps et ça suffit. Ne vous saisissez pas de ce qui passe. Ça vous affecte, certes, mais pour quelle raison ça vous affecte ? C’est que vous y êtes identifiés, rien de plus et rien de moins.

Il n’y a pas ni culpabilité, ni remords, ni plaisir à prendre. Vous le voyez bien, la Paix ne peut pas s’installer dès que vous êtes dérangés par votre histoire. Le Jnani n’est pas libéré par l’histoire, il assume l’histoire mais il se tient tranquille, quoi qu’il fasse, parce qu’il n’est pas dans le faire, même si cela se fait, il est dans l’être éternel et dans le non-être en même temps. Ça ne veut pas dire non plus qu’il n’y a pas de souffrances, qu’il n’y a pas de problèmes, mais cela est à résoudre au niveau où vous êtes, ne mêlez pas l’Esprit à cela.

Il y a une erreur fondamentale d’identité et d‘identification chez tout le monde, et tant que cela existe, vous ne pouvez pas être tranquilles. Y a aucune source de tranquillité là-dedans, y a des satisfactions éphémères, et vous alternez et vous oscillez en permanence entre la joie et la peine. Donc ce n’est pas une joie qui dure, c’est factice, c’est du carton-pâte. Ça n’a aucune substance, ça ne renvoie à rien d’autre que la causalité, et la causalité, vous le voyez bien, est sans fin, tant que le processus, d’une manière ou d’une autre, ne s’est pas arrêté. Vous êtes piégés les uns dans les autres, dans les rêves des uns et des autres, ou dans le cauchemar des uns et des autres, et vous y trouvez une satisfaction, parce que vous comparez l’histoire de l’un et l’histoire de l’autre.

Vous avez des sympathies, des attractions, et toute votre vie se passe dans ce jeu de scène de théâtre, sans jamais vous voir en tant qu’observateurs. Comment voulez-vous voir que le théâtre n’existe pas ? Vous êtes piégés, et vous revendiquez la Liberté et la Paix tout en jouant le jeu de la prison. Cessez toute prétention. Comme ça été dit, ce qui doit arriver arrivera, quoi que tu fasses, alors pourquoi se fatiguer ? Fatiguez-vous pour gagner votre vie, fatiguez-vous pour répondre aux impératifs de ce monde, et c’est tout. En ce qui vous concerne, il n’y a rien à faire ni rien à trouver. La solution est en vous, elle a toujours été là. Seul votre regard vous emmène ailleurs, c’est ça le piège.

Vous avez des opportunités, en cette période comme jamais, de voir la réalité derrière les apparences, que cela soit avec les autres dimensions, que cela soit par les vibrations, et vous continuez à tout ramener à vous. Vous voyez l’erreur ou pas ? Et pourtant, même si vous le savez, ce réflexe est tellement ancré qu’il se reproduit à chaque minute de votre vie. Occupez-vous de ce qui vous appartient, bien sûr, ne serait-ce que votre corps, et ce n’est pas vous. C’est un véhicule, dans tous les sens du terme, qui est constitué d’éléments, et votre conscience aussi, tant que vous parlez au sein de la personne. Le jour où les éléments se disjoignent, c’est la mort, mais vous, est-ce que vous mourez ? C’est pas parce que votre véhicule meurt que vous, vous mourez.

Vous avez une telle identification à votre histoire et à votre personne que aujourd’hui, dans cet âge sombre, plus personne ne peut envisager, penser, conceptualiser autre chose. Alors bien sûr l’occidental s’est rassuré avec le karma, mais le karma, ça concerne la personne, ça concerne pas ce que vous êtes. Arrêtez de vous penser comme une succession de faits causaux, d’actions-réactions et de logique. Vous n’êtes pas ça, vous ne le serez jamais. Donc, c’est bien une erreur d’identité, vous n’avez pas d’identité, vous êtes au-delà de toute forme, au-delà de toute conscience. C’est ça qu’il faut vivre, c’est ça que vous êtes. Que vous le vouliez ou non, que vous le voyiez ou pas, cela ne change rien.

Si souvent j’ai pris l’exemple, et tous les Satgurus ont pris cet exemple, c’est l’analogie entre le Parabrahman et le sommeil. Quand vous dormez, est-ce que vous avez un corps, si ce n’est l’habitude de vous réveiller qui vous fait dire que vous avez un corps ? Mais êtes-vous sûrs de vous réveiller ? Vous ne vous posez pas la question, le soir. Le Parabrahman, c’est ça. Y a pas de monde, y a pas de forme, y a pas de « je », et y a même pas de Soi. Il n’y a pas de concepts, il n’y a ni distance, ni temps, ni espace, rien n’est repérable. Vivre cela, reconnaître cela, procure la paix du corps, la paix de la conscience éphémère et la paix de la vie, et ce n’est pas une paix qui passe, c’est une paix éternelle. Vous avez alors mis fin à l’énigme, il n’y a pas d’autre moyen ou d’autre technique pour mettre fin à l’énigme.

Quelles que soient les histoires, même la plus authentique, le principe de l’enfermement, quels que soient les faits cosmiques qui se soient passés, je ne les nie pas, mais la problématique est toujours la même. Je dis simplement que ça concerne la personne mais pas ce que vous êtes. C’est un problème d’identité et d’identification, tout vient de là, la souffrance ne peut venir que de là. Que ce soit la souffrance du corps, que ce soit la souffrance du mental, que ce soit la souffrance psychologique ou quelque souffrance que ce soit, c’est un problème d’identification. Je ne dis pas de nier la souffrance quand elle est là, mais si vous accompagnez la souffrance, vous n’êtes pas libres, vous n’êtes pas vous-mêmes, vous jouez le jeu de la personne.

Alors bien sûr qu’il faut entretenir le véhicule, mais cela n’a pas à entraîner ce que vous êtes, d’ailleurs vous ne l’êtes plus dès que vous êtes entraînés, vous n’êtes plus au Coeur du Coeur, vous n’êtes plus vous-mêmes. Quand vous êtes vous-mêmes, la vie se passe, les concepts peuvent apparaître mais ils ne sont pas arrêtés, pareil pour les idées. Toutes les mémoires sont alors superflues, sauf les habitudes nécessaires pour conduire une voiture ou ce corps, où là il faut des règles. C’est comme si, en conduisant votre voiture, vous étiez avec les deux pieds sur le frein, et en vous plaignant que la voiture n’avance pas, ou alors vous accélérez mais vous n’avez pas passé la vitesse. Vous voyez ce que c’est, vous voyez comment vous vous comportez et nous nous comportons tous, tant que nous ne sommes pas libres.

Alors bien sûr, je sais qu’il y a une histoire particulière, que ça se termine et tout ce que vous voulez, mais il faut résoudre ça maintenant. Bien sûr que vous aurez des aides, mais c’est toujours vous qui décidez, quelles que soient ces aides, pas vous au sein du personnage historique, pas vous au sein de ce corps, mais vous en vérité. Vous voyez la différence ?

Continuons.

Question : pouvez-vous nous parler de l’ultime abandon de la personne ?

L’ultime abandon de la personne est un moment qui est repérable entre tous, parce que là vous identifierez qu’il y a avant et après. Bien sûr, il n’y a pas de passage, ça a toujours été là, mais dans les premiers temps, vous dites : « Il y a avant et après », et puis après vous conscientisez que ça a toujours été là, c’était vous qui n’y étiez pas. Vous avez toujours été là, mais vous avez été distraits par l’histoire, par le jeu, à tel point que ce jeu est vicié que vous croyez qu’en jouant le jeu vous allez trouver le nirvana, mais vous pouvez jouer longtemps. Vous voyez ce que je veux dire, donc quoi dire ? L’ultime abandon, c’est ce que certains ont appelé le sacrifice. Vous n’avez pas à vous flageller, vous n’avez pas à vous crucifier, c’est une crucifixion intérieure, c’est un fouet intérieur. Laissez votre corps tranquille, laissez vos pensées apparaître et disparaître, ne vous saisissez d’aucun concept, d’aucune idée. Videz tout.

Comme le Christ vous dit de garder votre maison propre, ça veut dire quoi ? Si la maison n’est pas propre, est-ce que le Christ peut rentrer ? Non. Et vous tenez à vos valises, vous tenez à vos karmas, vous tenez à vos possessions. J’ai pas dit qu’il ne fallait rien posséder, mais les voir pour ce que c’est, des objets, comme votre corps, un sac de viande, rien de plus, et vous vous identifiez en permanence à ce qui ne fait que passer : la naissance, la mort, vous fêtez les anniversaires, vous fêtez, si on peut dire, les décès, les naissances, les mariages, les divorces, mais rendez-vous compte de la stupidité de ces conventions, affectives, morales, sociales. Vous vous illusionnez les uns les autres, c’est un cauchemar collectif.

La Vie, ce n’est pas ça, vous le savez à travers vos contacts, vous l’éprouvez. Quand vous êtes en face de l’Amour, vous savez que c’est vrai, vous n’avez pas besoin de concept sur ce qu’est l’Amour, vous n’avez pas besoin d’idée sur ce qu’est l’Amour, sans ça ce n’est pas l’Amour. Y a que quand vous le vivez que vous reconnaissez cet Amour sans condition, sans personne, où vous avez l’impression de plonger dans l’autre, dans l’univers, dans les yeux d’un dragon, dans le coeur d’un frère ou d’une soeur. À ce moment-là vous vous oubliez, parce qu’à ce moment-là, si l’Amour naît, c’est qu’il n’y a pas de désir de posséder, il y a une reconnaissance, une reconnexion à l’Éternité, c’est tout. Et toute expérience ne fait que passer aussi, mais certaines expériences sont susceptibles d’ébranler ces certitudes faussées, ces idées et ces concepts auxquels vous adhérez, le concept et l’idée d’être une personne, d’être le résultat d’un karma. Ça concerne la personne, le véhicule, qui lui, disparaîtra aussi.

Retournez-vous au-dedans, c’est le seul mouvement possible. Alors bien sûr, il y a d’innombrables mots, dans toutes les langues, dans toutes les traditions, mais c’est toujours la même chose. Regardez les soufis, ils tournent sur eux-mêmes pour s’oublier, pour voir par eux-mêmes qu’ils ne sont pas le corps ; ils se servent du corps pour ça, mais ils sont parfaitement lucides, à un moment donné, de ne plus être ce corps, ils sont la Lumière authentique, la Demeure de Paix Suprême. À ce moment-là, vous voyez la vraie Vie et vous êtes réellement en vie. Sinon, le reste du temps, vous vivez dans l’Illusion. Comment voulez-vous être ce que vous êtes dans ce cas-là ? L’Amour ne s’accommode d’aucune condition, d’aucune circonstance, d’aucune supposition, et surtout d’aucune projection. L’Amour authentique est seulement dans l’instant présent éternel qui est indépendant de votre forme, de votre âge, de votre fonction, de vos désirs ou de quoi que ce soit d’autre.

Le plus important, quand des concepts arrivent comme ça, des idées, des troubles, faites silence, ne cherchez rien, ne vous opposez pas. Si cela se manifeste, c’est que cela ne fait que passer et si c’est votre vie qui passe, quelle importance ? Vous croyez perdre quelque chose quand vous perdez un amour, quand vous perdez quelque chose, mais en fait c’est vous qui êtes perdus parce que vous attachez de la valeur à ce qui n’est pas éternel, cela ne peut déboucher que sur la satisfaction immédiate et jamais l’installation de la Paix éternelle. Vous le voyez bien pourtant, quels que soient les plaisirs, quelles que soient les satisfactions, quels que soient les honneurs, quel que soit l’argent. Il n’y a aucune solution là-dedans, ce n’est que des stratégies de défense et de peur, d’adhésion aux rêves des autres.

… Silence…

Autre question.

Question : quand on dit: « Père, je remets mon Esprit entre tes mains », s’agit-il d’une façon d’évoquer l’Absolu en tant que Père ?

Mais dès qu’il y a un qualificatif, que vous disiez « Père », que vous disiez « Krishna », vous êtes déjà dans la forme et dans une histoire. Vous ne pouvez vous appuyer sur rien de ce qui est connu comme concept, comme histoire, comme émotion, comme ressenti, pour trouver la Vérité. C’est encore un raisonnement analogique où vous cherchez des correspondances, des affinités, mais ça ne peut pas être la Vérité. Vous cherchez à vous rassurer en identifiant l’Absolu au Christ, à Krishna, au Père, mais ça, c’est encore une manifestation. Allez au-delà de toute manifestation. Qui êtes-vous avant la manifestation ? Où étiez-vous avant de naître ? Cherchez en vous quand est apparu le premier moment, dans votre enfance, quand vous avez eu le sentiment d’être une personne.

D’abord votre mère vous a donné un nom, on vous a habitués à ce nom et vous êtes persuadés que vous êtes ce nom. D’ailleurs quand on demande comment vous vous appelez, vous donnez votre prénom et votre nom et vous êtes identifiés à cela. Mais dès que vous êtes nommés, vous êtes dans la manifestation, ça vous concerne vous, comme le Père, comme la Source, comme l’Absolu. L’Absolu ne peut pas être défini, lui, c’est le seul concept où vous ne pouvez rien accoler dessus. Dès que vous cherchez à faire une correspondance, une corrélation, une superposition, vous êtes dans l’erreur.

Vous cherchez encore des concepts. Cette question traduit une recherche de concepts, le besoin de se rassurer à travers des concepts, donc de tenir à quelque chose. Voyez-le clairement. L’Absolu n’est pas le Père, ni la Mère. L’Absolu ne comprend pas d’éléments, ni de forme et encore moins d’idées et de concepts, ni même de Lumière, et c’est pourtant la base de l’Amour, la base de la manifestation, mais vous êtes en amont de la manifestation quelle qu’elle soit, la vôtre comme celle du Père, comme celle du Christ, comme celle de Krishna. Tout ça, c’est des histoires. Tout ce qui est soumis au temps n’est pas vrai, tout ce qui est soumis à l’espace n’est pas vrai. C’est une réalité partielle, relative, ce n’est pas la Vérité. Donc arrête de vouloir conceptualiser, comparer, identifier l’Absolu. Vis-le, sois ce que tu es, sans aucune référence à quelque personnage glorieux, à quelque livre que ce soit ou à quelque ressenti que ce soit.

Je suis venu vous ébranler dans vos pseudo-certitudes, peut-être plus que jamais. Donc l’Absolu n’est pas le Père, l’Absolu n’est pas la Mère, l’Absolu ne peut être nommé ni défini par une forme, par une histoire, ou par quelque idée ou concept, et c’est pourtant ce que vous êtes. Donc arrêtez l’identification à tout le reste, que ce soit le corps, que ce soient les concepts, que ce soit le Christ, que ce soit Krishna. Je n’ai pas dit que ça n’existait pas, j’ai dit que ce n’est pas la Vérité – ça ne veut pas dire non plus que c’est faux. Vous êtes libres quand tous les concepts ont disparu. Vous êtes libres quand vous observez ce personnage et que vous n’êtes pas dupes. Vous êtes libres quand vous acceptez ce que la vie vous donne, ou vous prend, sans changer dans ce que vous êtes.

Bien sûr, si on vous prend, vous vous contractez, si on vous donne, vous vous ouvrez. Je parle pas de l’amour mais je parle d’une manière générale, c’est la nature humaine. Et si vous voulez être pleinement humains, ne soyez rien de cela parce que la conscience a besoin de s’éprouver elle-même. L’Amour a besoin de s’éprouver, de se manifester, mais vous n’êtes aucune manifestation, vous êtes antérieurs à la manifestation, antérieurs à toute matière, à toute dimension. C’est que quand, en définitive, vous acceptez de n’être rien, non pas par une fausse humilité mais quand vous voyez concrètement cela, alors vous avez fait, je dirais, l’ultime pas, c’est-à-dire l’ultime abandon. Sans humilité, sans simplicité, sans sacrifice, il n’y a pas de Liberté, il ne reste que le libre-arbitre et une succession de karmas, de plaisirs et de peines.

Ainsi est la nature humaine, vous le voyez, vous le vivez. Quel espace de paix définitif peut-il y avoir là-dedans si ce n’est dans vos rêves illusoires de croire que vous allez améliorer un karma pour être mieux ? Vous mettez déjà une distance entre la Vérité et vous. Comment voulez-vous trouver la Vérité, elle est déjà là. Tant qu’il existe la moindre recherche concernant l’Esprit, vous ne pouvez être la Vérité. Toute recherche, quelle qu’elle soit, est issue de l’ego, de la peur de la mort et de rien d’autre, quels que soient vos alibis, énergétiques, vibratoires ou autres. Il ne faut pas être dupes.

Posez-vous. Se poser ne veut pas dire « faire ». Abandonner ne veut pas dire vouloir abandonner, c’est simplement lâcher. Ne tenez à rien, soyez responsables, soyez autonomes, jouez les jeux sociaux que la vie vous demande de jouer mais ne soyez pas dupes. Vous devez être capables de rester totalement immobiles, quoi que fasse votre corps, quoi que fassent vos concepts et quoi que fassent vos idées, mais aussi vos relations.

Tous les Satgurus vous l’ont dit, dans leur langage, mais ils vous renvoient systématiquement à la même chose. Tant que vous croyez organiser, tant que vous croyez réguler, tant que vous croyez que vous allez trouver un jour ou quelque part l’Esprit, vous êtes à côté de vous. La conscience ultime, c’est justement être débarrassé de l’attrait de toutes les formes, de toutes les idées et de tous les concepts. C’est les voir pour ce qu’ils sont, quelque chose qui a un début et une fin, comme votre corps. Mais vous, vous n’avez jamais eu de début et vous n’aurez jamais de fin, et vous n’avez pas besoin pour cela d’une dimension, d’une forme, d’une histoire ou de quoi que ce soit d’autre. Du fait de l’enfermement de ce monde, il ne peut pas y avoir de position entre les deux. Soit vous êtes l’ego, quoi que vous disiez, quoi que vous viviez, soit vous êtes la Vérité. Et quand vous êtes la Vérité, plus rien n’émerge, la Joie est indélébile, l’Amour est indélébile, il est éternel, quoi que devienne ce corps, quoi que devienne votre mari, quoi que devienne ce monde.

Cessez de vous accrocher à ce qui est faux. Cela ne veut pas dire l’ignorer mais ça veut dire être lucides. Alors, on vous a parlé du Feu, des Feux. Oui, parce que le Feu brûle tout. Le Feu est le premier Élément avant l’Eau, c’est l’Esprit, juste après vient l’Eau. Nous avons la même chose dans la Bhagavad Gita que dans la Bible, vous avez la même chose dans le Coran, vous avez la même chose dans les écrits gnostiques, vous avez la même chose partout, dit différemment, avec des histoires différentes, mais l’histoire est le support de la Vérité, mais elle n’est pas la Vérité.

Vous savez très bien, le Christ l’a dit aussi : « Ce qui est né de la chair procède de la chair, ce qui est né de l’Eau et de l’Esprit procède de l’Esprit. ». Une fois que vous avez compris, une fois que vous avez traversé ça, que reste-t-il de croyances, d’illusions, de suppositions, de projections, d’histoires ? Vous êtes libres, mais déjà le fait d’envisager d’être libérés vous met en distance sur la Liberté que vous êtes de toute éternité et ainsi, à nouveau, vous vous piégez vous-mêmes et vous n’échappez pas à l’action-réaction, vous ne la voyez pas. Vous ne pouvez pas trouver le « Je suis », le Soi, l’Unité, en partant et en vous appuyant sur la dualité.

Vous êtes ni ceci ni cela, neti-neti. Bien sûr, après vous découvrirez que vous êtes aussi cela, mais cela ça ne fait que passer, ça ne vous concerne pas. Il n’y a rien à gagner, il n’y a rien à améliorer, il n’y a rien à perdre, il n’y a rien d’autre à envisager. Le coeur de l’être, le Coeur du Coeur comme vous dites, c’est la vraie Liberté. Y a aucune liberté dans le libre-arbitre de ce monde, il n’y a que des asservissements, des histoires qui tournent en rond, un espoir qui ne sera jamais récompensé, puisqu’il n’y a aucune Éternité là-dedans. La seule Vérité est ce que vous êtes, il n’y a pas de monde, il n’y a pas « d’autre », il n’y a pas d’Archanges, il n’y a pas de Bidi. C’est un jeu qui, à un niveau de densité, peut apparaître comme vrai, mais au niveau de qui vous êtes, ce n’est rien, parce que ça passe. Tout ce qui passe est faux, que cela soit votre vie, que ce soit un système solaire, que ce soit n’importe quoi.

Alors bien sûr, et cela a été dit, il y a des histoires qui sont plus proches de la Vérité et des histoires qui vous entraînent en dehors de la Vérité. Mais à un moment donné, il faut bien voir qu’il n’y a pas d’histoire, que même l’histoire la plus proche de la Vérité n’est pas la Vérité. La Vérité ne peut être mise en mots, elle ne peut être organisée, elle ne peut être décidée, elle est immuable, et c’est ce que vous êtes. Le principe de la réfutation dont j’avais parlé, c’est exactement cela. Vous devez convaincre, si je peux dire, sans rien faire, par la vision directe. Vous devez être certains que vous n’êtes pas ce corps, vous devez être certains que vous n’êtes pas cette histoire, non par une croyance assénée mais par la découverte réelle de ce qui est, et pas de ce qui passe ou de ce que vous avez.

Dès que vous mettez « je », ou « moi », ou « mon », déjà vous êtes en distance. Votre corps vous appartient, comme votre voiture vous appartient, mais jamais il ne vous viendrait à l’idée de vous identifier à votre voiture. Pourquoi le faites-vous pour le corps ? Vous créez sans arrêt, nous créons tous sans arrêt les conditions de notre attachement, de notre enchaînement, de notre manque de Liberté. Il faut le voir, cela.

Allez aussi au-delà de mes mots, quelle que soit la puissance, ne vous arrêtez pas seulement au sens des mots. Laissez-vous ébranler. Que risquez-vous ? À quoi tenez-vous encore ? Vous tenez à votre conscience comme la puce tient à son chien. Ça vous gratte, ça vous démange et vous n’êtes jamais apaisés. Ça, c’est la vie de la personne, en toute vie, en tout karma. Tout ce qui passe est souffrance, tout ce qui est éternel est Joie et il n’y a rien d’éternel en ce monde, sauf vous. Poursuivons.

Question : vous avez évoqué votre rencontre avec des personnes qui vous avaient connu de leur vivant sur cette terre et ils vous ont remercié.

J'ai rien compris.

Question : vous avez évoqué votre rencontre avec des personnes qui vous avaient connu de leur vivant sur cette terre et ils vous ont remercié.

Je n'ai toujours pas compris. De quelles personnes parle-t-on ? De maintenant, d'avant ? Quand j'étais dans la chair ou de quoi ?

Question : ce sont des personnes que vous avez connues dans la chair.

Mais je les ai vues où, ici ?

Question : non, quand vous êtes parti. Des personnes que vous aviez jetées de votre vivant et qui vous ont remercié après, quand ils ont eu à faire leur transition.

D'accord, je comprends, et alors ?

Question : pourriez-vous témoigner de votre expérience de désincarnation de votre conscience et de son processus, jusqu'à la disparition en l'Absolu, même si cela reste propre à chacun ?

Non, c'est toujours la même expérience. Pourquoi est-ce que ça serait différent puisque c'est éternel ? Pourquoi voulez-vous qu'il y ait un scénario différent pour chacun ? Vous êtes libres ou vous êtes pas libres. Vous êtes piégés par l'identification à l'histoire ou vous ne croyez plus à aucune histoire. La façon dont vous mourez conditionne tout. Donc, si vous partez avec l'idée d'avoir un karma, vous aurez un karma. Si vous partez avec l'idée d'être imparfaits, vous reviendrez imparfaits. Si vous tenez à quelque chose, il va vous empêcher d'être libres. C'est toujours le même processus. Le Jnani n'est pas affecté par la mort et la disparition de la forme, puisque j'avais déjà disparu. C'est la même chose pour la voiture ; quand elle est cassée, vous en changez. Ah jamais il ne vous viendrait à l'idée d'être cette voiture.

Pourquoi voulez-vous que ma conscience vive quelque chose d'extraordinaire, au moment de mon départ en Mahasamadhi ? Je suis resté identique à moi-même, y a juste un véhicule qui est parti. Ça n'a altéré en rien ce que je suis, au-delà de tout être, de toute forme. Pourquoi voulez-vous avoir des éléments pour vous repérer au moment de cette mort ? Je vous l'ai dit juste avant : ce à quoi vous tenez au moment de votre mort vous tiendra, et beaucoup plus encore après. Mais là, bien sûr, les circonstances, elles sont différentes, mais je répète, même aujourd'hui, les conditions de votre mort conditionnent ce que vous êtes après. Êtes-vous libres ou pas ? Si vous êtes affectés à l'idée de votre mort, je ne parle même pas de la peur de la mort, comment voulez-vous être libres ?

La peur de la mort ne traduit que l'attachement à la forme et vous construisez des histoires, des scénarios à n'en plus finir pour éviter de faire face au néant, pour éviter de faire face à la Vérité. C'est des histoires que vous vous racontez vous-mêmes, parce que d'autres avant vous ont raconté des histoires, alors vous y avez cru. Vous avez créé des concepts, vous avez adhéré aux concepts, spirituels comme matériels. Vous vous croyez concernés par le karma, vous vous croyez concernés par une relation, mais ce que vous êtes n'est concerné par rien, et si vous le découvrez dans la chair, la disparition de la chair et la conscience de nourriture ne change rien.

Quand vous partez, vous n'emportez rien, ni corps, ni idées, ni concepts, ni possessions. La peur de la mort, l'interrogation sur la mort, n'est que de l'ignorance, et vous remplacez ça par des guirlandes de connaissances. Vous lisez des livres sur comment mourir, et d'ailleurs les traditions en ont écrit. Mais êtes-vous déjà morts vivants ? C'est ça, le Libéré Vivant, il est déjà mort. Le corps est là, mais il est là. La conscience ordinaire est là, mais elle est là, et alors? Qu'est-ce que ça change à ce que je suis ? Toutes les nuits, le monde, il disparaît. Toutes les nuits, votre personne disparaît. Et pourquoi vous avez peur de la disparition de la mort et pas de la disparition du sommeil ? Parce que vous vous endormez avec la certitude que ça va recommencer. Et qu'est-ce que vous créez au niveau spirituel ? Vous supprimez la peur de la mort parce que vous vous dites que vous allez revenir. Et après, vous passez votre temps à essayer de vous libérer de votre karma, et vous ne faites que le renforcer parce que vous y croyez.

C'est la même chose pour toutes les religions, quelles qu’elles soient. Où que vous regardiez, tous les gens qui sont dans les religions, sauf certains saints qui sont très rares, ne sont là que par peur – de la punition, du karma, de la faute, du mal. Le Jnani a vu tout ça. Il l'a vécu mais il n'est plus affecté. Il ne cherche pas à s'en débarrasser puisque c'est là, mais ce n'est pas lui. Donc, je ne peux pas vous décrire la mort d'un Libéré puisque la mort n'est rien, c'est un non-évènement. Vous n'êtes jamais nés, vous n'êtes jamais morts. La personne, oui. Donc tant que vous êtes identifiés à la personne, vous êtes persuadés d'être nés un jour et de mourir un autre jour. Y a quelle vérité là-dedans ? Quelle satisfaction ?

Le Jnani est vivant, qu'il soit vivant en ce monde ou mort à ce monde ne change rien. Il n'est pas affecté par l'apparition de la forme comme la disparition de la forme, sinon il ne serait pas éternel, sinon il se raconterait des histoires. Le Jnani ne connaît aucune histoire, quelle que soit sa culture. Il accepte le jeu parce que le corps est là et la conscience du sac de nourriture est là, mais c'est tout. Y a aucune implication, y a aucune déduction, y a aucune projection, y a aucune idée, aucune pensée, aucun désir, par rapport à cela. Cela est. Et ça passe, mais vous, vous ne passerez jamais. Vous n'emportez aucun bagage, si ce n'est celui du poids de vos croyances et des culpabilités. Vous aimez bien ça, en Occident, le châtiment éternel, le péché mortel, mais le plus grand péché, c'est de croire que vous êtes ce corps, y a pas d'autre péché. Tout découle de là.

Alors après, les religions ont créé des modèles. Il fallait suivre le Christ, il fallait suivre Bouddha, il fallait suivre tel gourou ou tel autre gourou. Fuyez toutes ces organisations. Dès qu'il y a organisation, il y a mensonge. Vous ne pouvez pas organiser l'Esprit, vous ne pouvez pas organiser ce que vous êtes. Organiser la vie, oui, mais ne vous occupez pas de l'Esprit. Dès que vous cherchez une relation, une correspondance, vous êtes piégés, dans le jeu, vous ne voyez plus le jeu. Vous êtes un acteur qui croit qu'il joue la vérité. Vous ne pensez même plus qu'il y a une scène de théâtre. Vous êtes tellement absorbés dans votre personnage, avec ses joies et ses peines, et vous vous donnez bonne conscience, si je peux dire, en disant « Je cherche l'Éternité et je cherche l'Amour ». Mais vous n'avez rien à chercher, vous l'êtes déjà. C'est l'ego qui vous fait croire cela.

Alors au début, vous méditez, pour trouver la paix. Ensuite vous faites des exercices, ensuite vous créez ou on vous raconte des histoires. Et puis à un moment donné, tout ça, ça doit être lâché aussi, parce que de toute façon, ça disparaîtra. Au moment de la mort, comme au moment du sommeil, vous n'êtes plus concernés par quelque monde que ce soit, vous n'êtes plus concernés par votre personne, sauf dans la conscience de rêve. Mais la vie est un rêve, qui passe, comme tout rêve.

Autre question.

Question : il n'y a plus de questions écrites. On peut laisser place aux questions orales.

Alors on écoute.

... Silence...

Question : il y a un témoignage.

J'écoute.

Question : une soeur souhaite préciser, par rapport à l’expérience qu’elle a vécu avec vous le mois dernier, que ce qui lui paraît important, pour ceux qui sont prêts, c'est de se laisser porter et traverser par vos paroles, de manière à ce que le mental abdique.

Comme je l'ai dit, je ne m'adresse pas à la personne, même si c'est la personne qui m'entend ; elle a tout à fait raison. Laissez traverser mes mots, ne les accrochez pas, vous aurez l'occasion de les lire ou de les réentendre. Soyez pleinement présents, quelle que soit votre question. En répondant à votre question, c'est pas votre question, c'est pas votre personne que je touche, je fracture votre mental, je fracture vos certitudes illusoires. Je te remercie.

Question : pour que le mental n'accroche pas.

Tout à fait.

... Silence...

Profitez d'ailleurs du silence, entre vos questions, entre mes réponses, non pas tant pour cogiter mais justement pour vous laisser, là aussi, traverser par ce silence.

... Silence...

En fait, aujourd'hui, comme lorsque j'étais incarné, je viens fracasser vos certitudes mentales.

... Silence...

Je vous l'ai dit, la façon dont vous mourez conditionne tout, pas la façon dont vous naissez.

C'est aussi cela, la liberté de cette conscience dite enfermée, éphémère. Ne vous laissez pas piéger. Il n’y a aucun espace de résolution concernant qui vous êtes dans la personne. C'est simple. Je ne vous demande pas de croire, je vous demande d'accepter une idée ou un concept et de vérifier par vous-mêmes. Il n'y a que vous qui pouvez le vérifier. La Vérité est simple, tellement simple, comment voulez-vous que l'ego l'accepte ? Comment voulez-vous qu'une histoire capitule ? Cessez les identifications, cessez de vous croire ceci ou cela, cessez de vous croire un chercheur qui va un jour trouver quelque chose. Il n'y a que quand le moteur de la recherche s'arrête que vous êtes libres, pas avant. Et l'ego vous susurre que plus il y a des questions et plus vous appréhendez les choses, plus il est rassuré, mais vous construisez comme ça une prison, à chaque minute.

Tout au plus vous avez à définir quelles sont vos priorités. Qu'est-ce qui est important ? Si c'est votre personne, alors occupez-vous de votre personne, si c'est votre karma, alors résolvez votre karma, mais vous demeurerez toujours une personne, toujours enchaînée dans les illusions. Il n'y a aucun espace de résolution là-dedans, il n'y a que des satisfactions de l'ego. L'ego se complaît dans la logique, dans le symbolisme, dans la recherche, dans la satisfaction de lui-même, dans la répétition des expériences. Cette avidité est sans fin parce que qu'elle est le propre de la personne et de l'ego. Le Jnani ne peut avoir aucune avidité, ce qui ne veut pas dire qu'il n’a pas de plaisir, quel qu'il soit, mais il n'y est pas soumis. Son corps est soumis aux lois de ce monde, mais lui ne l'est pas, puisqu’il n'est pas ce corps, ni cette histoire, ni cette vie.

Question : il nous a été dit de dire: « Père je remets mon Esprit entre tes mains. ». Comment faire s'il n'y a pas de Père ?

Mais tu prends tout au sens littéral, toi. Qu'est-ce que c'est que cette manière de transformer les choses ? J'ai dit que c'est des niveaux de réalités relatives, qui ne feront que passer, j'ai pas dit il n'y a pas de Père. Le Père est un niveau de réalité puisque tu es son fils ou sa fille, comme le disait le Christ. C'est une attribution, une fonction. Tout dépend du point de vue. Quand tu es libéré, y a pas de Père, y a pas de Mère. Tant que tu n'es pas libéré, tu peux concevoir et adhérer au fait qu'il y ait un Père, un sauveur, un Christ, Marie et ce que tu veux. Ils ont existé, non ? J'ai dit que ce n'est pas Vrai. Est-ce que j'ai dit que ce n'était pas, que ça n'a pas existé ?

Tu vois la technique de projection de ton propre mental qui s'empare des mots et des concepts pour le transformer à sa sauce. Ce n'est pas parce que je dis que tout cela est faux que cela n'existe pas. Exister, c'est être en dehors de la Vérité. Tu es au-delà de l'existence. Et l'expression « Père, je remets mon Esprit entre tes mains », quand c'est vécu et pas conceptualisé, tu es libre, parce que tu as démontré à ce moment-là que tu as été crucifié. Y a pas besoin d'avoir des clous dans les mains. C'est ça le renoncement, c'est ça le sacrifice. Je n'ai jamais dit que le Père était une illusion. Ce monde est une illusion, les histoires sont une illusion, mais la Source, elle existe. Et pourtant, vous êtes antérieurs à la Source. Vous êtes le Tout, mais ici vous n'êtes rien.

La phrase « Père, je remets mon Esprit entre tes mains » est bien évidemment prononcée par la personne, et cette phrase déverrouille, si je peux dire, l'abandon, le sacrifice. Tant que tu crois diriger ta vie, elle te mène par le bout du nez et vous alternez joies et souffrances. Et quand vous êtes joyeux, vous oubliez la souffrance, et quand vous êtes souffrants, vous recherchez la joie. C'est sans fin. Regardez nos vies, quand nous sommes enchaînés, c'est une succession de souffrances et de joies. Qu'est-ce qui est durable là-dedans ?

Quand je dis que ce corps est une illusion éphémère, est-ce que je dis qu'il n'y a pas de corps ? Bien sûr que le corps est là, quand vous êtes incarnés, vous êtes dedans, vous ne pouvez pas l'ignorer. Est-ce qu'il te viendrait à l'idée de dire que tu es ta voiture ? Tu sais, dans ces cas-là, parfaitement faire la différence entre ta voiture et toi. Ton corps t'appartient mais il n'est pas toi.

Le Père est présent dans toutes les histoires, en quelque monde que ce soit, donc il existe. Tu vois comme il est facile de transformer ce qui est dit dès que tu t'arrêtes au mental. Ton mental a arrêté ma proposition et en a fait une compréhension, une interrogation. Donc tu n'as pas été pénétrée, comme le disait notre soeur tout à l'heure, tu n'as pas traversé, tu arrêtes les concepts, tu arrêtes mes mots. Laisse-toi traverser. Je te montre par là même que c'est ton mental qui veut se saisir. Tu analyses, ton ego analyse le sens des mots, en les référant à ce qui a été dit, en les comparant, en les soupesant, en disant « Je comprends » ou « Je ne comprends pas ». Vois-tu l'illusion de cela ?

Question : oui.

... Silence...

Je reprécise que quand il y a silence, le vôtre ou le mien, l'Infinie Présence et le Feu de l'Esprit est là.

... Silence...

Vous l'avez déjà vécu, avec autre chose que des formes et des histoires. On vous a appelé ça l'Impersonnel, l'Esprit du Soleil, le Choeur des Anges, justement pour vous faire sortir de l'identité à une forme, à une histoire. Mais vous, regardez bien, le mental, l'ego cherche toujours à comparer, à ramener à ce qui est connu, à ce qui a été vécu par toi ou par d'autres. Mais dès que vous êtes occupés à ça, où est la Liberté ? Où est la Vérité ? La Vérité ne peut pas être inscrite dans quoi que ce soit qui ne fait que passer. Un système solaire n'est jamais éternel. Bien sûr ce n'est pas, apparemment, la même échelle de temps, mais toute création a une fin. Et pourtant la création est infinie, elle est libre. Ce qui veut dire, bien sûr, que tu es en amont de toute création, en amont du Père. Et j'emploie en amont, ne cherche pas une place, c'est une expression. Tu es antérieure à tout concept, à toute idée, à tout monde, à toute création et à toute dimension.

Regarde la phrase du Christ : « Père je remets mon Esprit entre tes mains ». « Moi et mon Père sommes Un. » Tu vois pas la contradiction là-dedans ? Et pourtant dieu sait si ces phrases sont importantes. Regarde ces deux phrases, sers-toi de ton outil mental, là : « Moi et mon Père sommes Un. », « Père, je remets mon Esprit entre tes mains. » Mais si nous sommes Un, qu'est-ce que je peux te remettre ? Qui parle ? C'est l'histoire qui parlait, pas ce qu'il était, pas ce qu'il est. Si ça vous semble cohérent, sur le plan de la logique, de dire : « Moi et mon Père sommes Un. » et « Père je remets mon Esprit entre tes mains », eh bien je suis désolé, pour moi ça n'a rien de logique. Ça ne veut pas dire que ces phrases n'ont pas été prononcées, ça ne veut pas dire qu'elles sont fausses. Elles renvoient, comme je vous l'ai dit la dernière fois : « Je ne suis pas ce corps ». Vous créez une fracture de votre mental. Le Christ a déchiré le ciel et la terre. D'ailleurs il y eut un grand silence, un grand tremblement de terre, lors de la crucifixion. C'est la vérité de l'histoire.

Posez ces deux phrases devant vous : « Moi et mon Père sommes Un. », « Père je remets mon Esprit entre tes mains. » Mais si nous sommes Un, nous avons les mêmes mains, le même Esprit, et pourtant il y a quelque chose d'essentiel là-dedans, mais ne t'arrête pas aux mots. Que ce soit en français, que ce soit en espagnol, que ce soit en latin, que ce soit en grec, que ce soit en araméen, ne vous arrêtez pas aux mots, c'est-à-dire à l'explication, à la compréhension, parce que ces deux phrases-là sont bien au-delà de toute interprétation, de toute exégèse.

As-tu saisi ?

Question : y a-t-il une différence fondamentale entre le fait d'être libéré maintenant ou après l'Appel de Marie et les trois jours de stase ?

Vous allez le vivre, donc vous verrez bien. Oui, il y a une différence. Celui qui est libéré a identifié tous les attachements, ils sont dissous. Celui qui vit le Soi ne peut jamais être certain qu'il n'existe pas encore d'attaches, en quelque sorte, de liens, et pourtant la finalité est exactement la même. Mais ce que l'on pourrait appeler ce passage, en quelque sorte, est plus ou moins évident. Mais oui, tu as raison, à la fin, le résultat est exactement le même. Dans un cas, chez le Libéré, il y aura instantanéité, qu'il y ait retour dans le corps ou pas, et pour celui qui n'est pas libéré antérieurement à cet événement, il faudra passer.

Nul ne peut pénétrer le Royaume des Cieux, vous avait-il dit, s'il ne redevient comme un enfant. Est-ce que l'enfant se soucie de demain ? Est-ce que ta personne te donne à voir un enfant qui est spontané, naturel, ou un adulte qui cogite ? Le Jnani est comme un enfant. Il sait que toutes les connaissances, même si c'était un érudit au départ, ne sont que des jeux. Rien ne peut l'attacher.

La finalité est la même, le passage est exactement le même, mais il se fait de différentes manières. Seul le Libéré Vivant a vu toutes les facettes de l'ego, de la personne. Le Soi est vécu dans la personne, même si c'est une transcendance de la personne, mais la personne est toujours là. D'ailleurs, ça avait été expliqué, et je le disais quand j'étais dans mon corps de chair : maintiens fermement le Soi, le « Je Suis », et après, il faut jeter tout cela. Vous n'êtes même pas le Soi. Mais j'ai jamais dit que le Soi n'existait pas, puisque je dis même qu'il faut affermir le Soi. Tout est question de tempo, de rythme. C'est la seule façon de sortir de l'histoire et du rythme, et de demeurer immuable. Y en a pas d'autre, vous le savez. Tant que vous n'êtes pas rien, ici, tant que vous n'êtes pas le plus petit, vous ne pouvez pas être libres. Je vous renvoie à ce qu'ont dit certains Anciens, et en particulier, y a pas si longtemps, le maître Philippe.

Être rien ne veut pas dire être timide et devenir un ermite, ça veut dire avoir reconnu l'Illusion et ce qui ne fait que passer, quelle que soit son intensité.

... Silence...

Question : comment ne sommes-nous jamais nés si nous sommes tous les enfants de Marie ?

Mais c'est très simple, vous n'êtes pas liés au temps et à l'espace. Ce corps biologique vient de Marie, c'est la vérité, elle vous l'a dit depuis toujours. Où tu vois un problème encore ? Pourquoi cherches-tu en permanence à confronter des choses ? Tu ne laisses pas les mots te traverser, tu les arrêtes. C'est ça que tu dois voir. Ton mental ne veut pas être fracassé, il est sur le devant de la scène. Quel que soit ton coeur, ton mental fait obstacle, ton mental te limite. Arrête de croire à toutes ces fariboles, tu es libre. Comment peux-tu imaginer être libre ? À un moment donné, il faut bien quitter ses parents et vivre sa vie. À un moment donné, il faut bien quitter ses modèles, il faut tuer père et mère, symboliquement, il faut tuer tous les maîtres. Ne vois-tu pas que tu t'appuies sans arrêt sur ça ? As-tu besoin de ça ? Pour quelle raison ? Le vois-tu ? Regarde pourquoi. Quelle est cette adhésion ? Quel est ce besoin ? Tu es attachée à l'histoire. Je n'ai pas dit que le Christ n'était pas le Christ, je n'ai pas dit que le Père n'existe pas.

Question : oui, je suis attachée à l'histoire.

Alors restes-y, mais ne viens pas te plaindre. Tu ne vivras jamais la Liberté comme ça. Crois-tu être libre de tes souffrances, de tes affects ? Qu'est-ce que tu cherches ? Pose clairement les choses. Tant que tu aimes l'histoire, tu vivras l'histoire, c'est ta liberté, mais ne viens pas me dire que tu es libre là-dedans. Tu es conditionnée. Tant que tu n'as pas vu qu'il n'y avait pas d'histoire, pas de monde, pas de dimensions, et pas plus que toi, comment veux-tu être libre puisque tu dis toi-même que tu aimes l'histoire ?

Question : je ne connais que ça donc je m'y réfère.

Mais arrête de te référer à ce que tu connais, oublie toutes les histoires. Tu as besoin de te raccrocher et tu dis que tu aimes l'histoire, mais en même temps tu revendiques quelque chose ou rien. L'histoire est sans fin. La Liberté ne se trouvera jamais dans une histoire, ni dans une forme, ni dans un concept. La Liberté ne connaît rien de tout ça. Le Libéré ne connaît rien de tout ça, il les a vus, il les voit. Il connaît le poids de son corps, le poids de sa vie, mais il n'est pas cela. Est-ce que l'un empêche l'autre ? Est-ce que quand j'étais incarné, je n'ai pas parlé de la tradition d’où j'étais issu ? Je n'ai fait que ça. Ce n'est pas opposé, antinomique ou exclusif, c'est inclusif. Mais tant que tu n'as pas vu cela, tu es liée, enchaînée à l'histoire.

Tu as encore besoin d'aimer en manifestation, que cela soit le Christ, que cela soit n'importe qui, mais t'aimes-tu toi-même ? Tu ne peux pas être occupée à aimer des formes ou des histoires et t'aimer toi-même, ce n'est pas possible. Dès que tu t'aimes toi-même, dès que tu aimes ce que tu es, même si tu ne le vois pas clairement, tu t'apercevras qu'il n'y a pas besoin d'histoires d'amour, de la chair ou de l'Esprit. Ça veut pas dire qu'il faut les jeter au loin, ça veut dire qu'il ne faut pas être dupe. Toute connaissance n'est qu'ignorance, et tant que tu n'auras pas compris que la véritable connaissance est ignorance, tu ne vivras pas la Liberté.

Je ne t'ai pas demandé de renoncer au Christ ou de renoncer à quoi que ce soit mais de voir ce que c'est.

Il y a la peur et donc, en conséquence, le manque d'amour de soi. C'est un amour conditionné. Le Libéré Vivant vit l'Amour. Il n'a pas besoin de se raconter des histoires, même s'il connaît toutes les histoires. Il n'a pas besoin de justifier, d'expliquer ; ça c'est bon pour le mental, pour la personne. J'ai bien dit que je m'adressais à ce qui est derrière la personne, ou dedans, appelle ça comme tu veux, si y a besoin d'une représentation.

… Silence…

Tous les frères et soeurs qui aiment un maître, un gourou, un dieu, ne peuvent pas être libres. Ils y trouvent une consolation, de l'espérance, un avenir, un modèle, que sais-je encore, mais tant que tu es occupée à ça, tu ne sauras jamais qui tu es. Et quand je dis savoir, ce n'est pas un acte intellectuel, c'est exactement l'inverse. Tu es antérieure à toute histoire.

… Silence...

Question : avez-vous réussi à convaincre beaucoup de maîtres désincarnés de ce que vous exposez aujourd'hui ?

Une fois transité ?

Question : oui.

Mais quel intérêt ? Je respecte la Liberté de chacun. Si quelqu'un veut jouer le rôle d'un Melchisédech, eh bien il sera le bienvenu là-bas, vous le savez. Je n'ai personne à convaincre, je ne peux que fracasser votre mental et aller au-delà de vos certitudes, qui ne sont que ses défenses, mais qui ne sont pas le vécu. Vous posez souvent la question : « Est-ce que je suis libéré ? ». Mais si vous êtes libérés, il peut pas y avoir ce genre de questions, ni sur vous, ni sur l'histoire, ni sur le karma, ni sur quoi que ce soit.

Je disais, quand j'étais incarné, qu'il faut respecter les croyances de chacun, donc je ne suis pas venu convaincre, je ne suis pas venu imposer, mais je suis venu montrer la Vérité. Je disais : « Mes mots ne peuvent pas échouer », et les gens, les frères, les soeurs qui venaient me voir, la plupart ne comprenait rien. Quelle importance ? Je n'étais pas là pour qu'ils me comprennent ou pour qu’ils se comprennent, mais pour qu'ils laissent tomber cette histoire de compréhension, de connaissance. Vous ne pouvez convaincre personne, vous devez respecter la Liberté. Ce que je fais, c'est éclairer. Quand je dis qu'il faut renoncer aux histoires, je n'ai pas dit qu'il faut se détourner du Christ ou de Bouddha ou de Mahomet, je dis qu'il faut aller beaucoup plus profondément. Mais tout dépend ce que vous cherchez, tout dépend de ce que vous croyez chercher. Si vous cherchez les histoires, elles sont innombrables et elles sont infinies, mais elles ne sont pas éternelles. Vous avez tout votre temps.

Je ne veux pas vous convaincre, parce que convaincre, c'est quoi ? C’est mental. Tant que ce n'est pas vécu, quelles que soient les convictions que tu as, c'est des erreurs.

… Silence...

Question : il y a la vie éphémère où il y a le faire, quel est l'accès à la vie éternelle de l'être ?

Quel est l'accès ? Ça veut dire quoi ?

Question : comment y accéder, faire le switch ?

En cessant l'identification au corps, à l'histoire, au personnage. Il me semble que je me suis exprimé des dizaines d'heures, et des milliers d'heures quand j'étais incarné, toujours sur la même chose. Il n'y a pas de solution au sein de l'éphémère. Où que tu te tournes, il n'y a que des culs-de-sac. Accepte déjà cela, et tu comprendras qu'il ne sert à rien de « comment faire ». Justement, ce n'est pas possible. Il faut lâcher la prétention à croire que depuis la personne vous allez trouver ce que vous êtes, l'Impersonnel, le Sans-forme, le Parabrahman, l'Absolu. Il n'y a rien à chercher, il n'y a rien à trouver. Cela est déjà là, c'est juste à voir, et c'est pas un « comment faire ». Rien de votre personne ne peut vous libérer. Seul le Sans-forme que vous êtes le peut, le Feu, l'Esprit, le Choeur des Anges, l'Impersonnel. Mais vous, par vous-mêmes au sein de la personne, c'est comme si tu me demandais comment ta voiture peut voler ?

La Vérité n'est pas dans ce corps, tu es dedans, oui, mais à partir de là où tu dis « mon corps », tu sais bien que ce n'est pas toi. Quel est ce principe, encore une fois, d'appropriation de ce qui n'est pas vrai ? Tu constates que le corps est là, qu'il a des besoins, que d'autres corps sont là et qu'il faut organiser cela. Ça, c'est tout à fait juste. C'est pour ça qu'il n'y a pas de meilleure analogie que le sommeil. Si tu en vois l'analogie, comme je viens de dire, alors c'est gagné. C'est toujours la personne qui cherche. Elle cherche quoi ? La Vérité, mais jamais elle ne connaîtra la Vérité, tout au plus peut-elle être le témoin de vous-mêmes qui êtes la Vérité.

C'est pour ça que la méditation, tant que le Soi n'est pas apparu, est primordiale. Mais est-ce que le Libéré a besoin de méditer ? Est-ce qu'il a besoin de se prouver quoi que ce soit ? Rappelez-vous, quand j'étais incarné, avec les conseils de mon maître j'ai mis trois années. Aujourd'hui, en tout cas sur mon continent d'origine, vous avez des frères et des soeurs qui sont libérés, sans rien connaître du karma, de la spiritualité, aussi rapidement que moi. Encore une fois, le problème fondamental est l'identification au corps, il n'y en a pas d'autre. L’identification au corps, c'est l'identification à une histoire, à des affects, à des possessions, à des relations, fussent-elles au Christ. Mais comme je le disais en étant incarné, même si vous vivez avec le Christ, à un moment donné, il faut bien voir la Vérité. Et les femmes sont plus douées pour ça, parce qu'en tant qu'épouses du Christ, c'est beaucoup plus facile de fusionner, et de disparaître.

D'ailleurs, on le dit, je l'ai dit quand j'étais incarné, ça vous a été dit en d'innombrables occasions : ce ce n’est pas la personne qui est libérée, c'est vous qui êtes libérés de la personne. Posez ces deux phrases devant vous. Regardez, tout y est. Vous n'avez besoin de rien d'autre, ni du Christ, ni de Bouddha, ni de Marie. Je n'ai pas dit qu'ils n'existaient pas ou qu'ils ne servaient à rien, mais à un moment donné, il faut bien symboliquement tuer le père et la mère. Comment voulez-vous être autonomes ? Comment voulez-vous vous voir ?

... Silence...

Le temps imparti est écoulé.

M'as-tu parlé ?

Le temps imparti est écoulé.

Alors Bidi va vous laisser vous reposer les oreilles, et je vous dis à tout à l'heure.